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Vendredi 9 novembre 2007
Organes” nouvelles. Buchet-Chastel. 2006.

Samedi 24 novembre. 16h30.
Médiathèque départementale. Rue R. Rolland. Lons-le-Saunier.

marie-helene-lafon.jpg













C’est une suite de 12 nouvelles qui se situent en milieu rural, comme on dit aujourd’hui, à la campagne, quoi. A certains indices, on note que ça se passe autour des années 80, quelques fois dans des années plus contemporaines, mais hormis ces indices qui apparaissent eux-mêmes comme anachroniques, entrés là par erreur, on se croirait dans les années 50-60, dans un pays en noir et blanc. Malgré l’intrusion de choses modernes, le temps est resté figé dans une sorte d’après guerre en chaussettes et écharpe en laine, une ambiance d’avant le planning familial.
Chaque récit tourne autour d’un noyau de non-dit, quelque chose d’imprécis, qui ne sera jamais formulé clairement, un interdit ou un secret, ou un tabou. Insaisissable. Ce noyau  mouvant, insaisissable crée le malaise.
Les récits donnent le goût d’un univers clos, dont on ne peut s’échapper. Ça sent le lainage humide et les habits du dimanche. Ça sent l’encens froid et le carrelage mouillé, et la peinture autour des poignées de portes est sale.
Les humains vivent et agissent selon un schéma convenu et convenable, dans un monde marqué de religion, de péché, de conformisme.

Le style est serré, la phrase ciselée, nette, les mots percutants, efficaces. Les ambiances glauques pour la plupart, malsaines. Quant à l’humour, il y en a, et c’est dans le phrasé qu’il s’exprime, sec , précis, et non dans les situations.

Les récits sont souvent dits du point de vue d’un des personnages en situation, quelquefois un enfant. Quelquefois c’est un monologue.
On n’a pas envie de rencontrer les gens de ces histoires. On participe, malgré soi, à cet exercice de voyeurisme dans lequel le personnage entraîne le lecteur, on entend les propos automortifiants, mais on ne veut pas aller plus avant, même si quelques personnages sont plus attachants dans leur naiveté: les jumeaux (?) qui s’occupent des taupes, le jeune garçon amoureux d’Ava, le jeune fils de la boulangère. Quand un personnage éclaire l’histoire d’un éclat de soleil et de lumière, il meurt (Rami qui est tué dans un accident de voiture) ou est écarté  du récit. La lumière (celle de la joie de vivre, de la jeunesse, de l’amour ou de l’ingénuité), si elle apparaît au fond du couloir, n’est pas atteinte!
Par Micmac
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