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Mercredi 21 novembre 2007
Chez Gallimard
Une poignée de monde, poèmes, 2006
La mer à boire, poésie, 2006
Des rivières plein la voix, promenade, 2004
Bon d'accord allez je reste, poèmes,2003
Tue-le !, voix, nouvelles, 2002
et d'autres encore....

Un jour, je ne connais pas Ludovic Janvier.
Un autre jour, je lis Tue-le ! Un recueil de nouvelles qui vous glacent un peu dans le dos, qui vous interpellent, qui vous agacent. C'est sombre, désenchanté.
Un jour, le lis Brèves d'amour, autres nouvelles, autres voix. Un autre recueil étrange.
Un autre jour, je lis Une poignée au monde, des poèmes, de la poésie, enfin ! C'est truculent, enivrant, vivant, enfin !

A la lecture, Ludovic Janvier, on aime et/ou on aime pas. Et c'est tant mieux. Un auteur, un homme, à (re)découvrir.
Rozenn Ferré, bibliothèque municipale de Montmorot
Par Micmac
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Mercredi 21 novembre 2007
images-copie-1.jpg mardi 20 novembre. 20h.
Montmorrot


Après la rencontre.
Ludovic Janvier lit -bien-, il parle, il répond aux questions de son auditoire avec brio et grande gentillesse.
Les textes qu’il lit? La plupart appartiennent à son dernier livre “Une poignée de monde”, poèmes. (Gallimard)
Il les connaît bien ses textes, dira-t-on, normal qu’il les lise bien. Erreur, ne lit pas bien sa propre production qui veut, nombre d’écrivains sont de piètres lecteurs, ils bafouillent, parlent dans les bottes, pontifient, surjouent, ou pire, expliquent, des fois qu’on comprenne pas. Lui non, et il s’amuse de lire, donc ce plaisir se communique aux spectateurs, évidemment.

Les textes lus: alertes, souvent drôles, toujours sensibles. Ils sont écrits autant pour être lus avec les yeux que pour  être mis en bouche.
Le texte se “mâche”, se respire, se dit à voix haute.
Les textes de quelqu’un qui se débat avec la vie, et qui semble bien avoir, dans le cas de ce recueil, le désir d’en goûter les saveurs.
Autant de regards sur le monde, sur l’autre, l’être aimé; d’autres textes sont plus d’introspection. Le recueil - je n’ai vraiment pas tout lu, cette nuit- semble être une recherche d’un accord avec le monde. Le tempo, les mots tressent le sentiment.

Quand le soir, en rentrant, j’ai commencé à lire, je suis restée dans la même impression que pendant la lecture. Je continue donc à lire.
Par Micmac
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Lundi 19 novembre 2007
images.jpg “Une mauvaise maire” P.O.L.  2007

Médiathèque de prêts de Lons-le-Saunier.
samedi 24 novembre. 16h30





Une histoire rapide, un style lapidaire, un récit au pas de course.
Quelques jours, quelques semaines de la vie de madame le maire, dans une mairie de gauche de la région parisienne. Madame le maire est une femme qui met en  application dans sa vie et dans l’exercice de son mandat ses convictions politiques et philosophiques. Et puis une poussière vient se déposer dans la machine, qui enraye l’engrenage. Le déraillement est inattendu, coupe le souffle.
Ce livre fait peur, il est trop proche du vrai. Même son humour et son ironie sont coupants.
Par Micmac
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Lundi 19 novembre 2007
Lanova.jpg Crève-l’Amour. roman
Ed. Acropole 1984
camPoche. 2006

La Gazelle tartare. récit.
2005.Ed. Bernard Campiche

samedi 24 novembre. 16h30
Médiathèque de prêts. Lons-le-Saunier


Deux récits autofictionnels, deux romans confession

Pour Crève-l’Amour, depuis la toute petite enfance à l’âge adulte, l’itinéraire d’une jeune femme entre les deux piliers de sa jeunesse, les deux sorcières, ses deux grand-mères. Le chemin aussi d’une jeune femme sur le fil du rasoir de la raison, en exil de la vie,  qui manifeste un véritable talent pour louper et rater sa vie. Et ce serait une “confession” très exaspérante” - on n’a pas idée de s’autoflagéler comme ça-, s’il n’y avait tout au long du récit beaucoup de clairvoyance, d’humour des situations, de souffrance aussi, si ça ne renvoyait à la question que chacun est à même de se poser à savoir dans quelles mesures il a loupé -rater sa vie. Dès qu’on choisit, on rate, et on choisit tout le temps, même quand on décide de ne pas choisir!!
Pour La Gazelle Tartare, on se retrouve 25 ans plus tard.
Si la souffrance est aussi violente et présente, on apprend avec le temps à trouver et développer des exutoires, à cultiver des jardins.
Et toujours beaucoup de charme, d’humour, de beaux portraits de personnages, pleins d’amour et de sourires.
Par Micmac
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Lundi 19 novembre 2007
harang.jpgLa chambre de la Stella”. roman
Grasset 2006. Prix du livre Inter 2006.
samedi 24 novembre. 16h30.
Médiathèque départementale de prêts de Lons-le-Saunier.


Le livre s’ouvre sur l’évocation d’un événement terrible, un souvenir d’enfance, qui ne sera plus évoqué par la suite, mais un de ces événements qui reste à jamais imprimé dans la tête et le cœur de celui qui l’a vécu et qui marquera à jamais de son empreinte le personnage qui en est le principal acteur: le père de l’auteur.
Puis, en suivant le plan d’une visite de la maison familiale de Dun, l’évocation de fragments de vie et d’histoire familiale, comme chacun, ou la plupart, possède.
Le sourire, la “communauté” de souvenirs écrivain-lecteur établit une complicité, une familiarité avec celui qui écrit, qui mène la visite.
Puis les fragments d’un secret jaillissent, au cours de la visite, comme les “indices” d’une enquête policière. Le lecteur poursuit cette traque à l’indice, se perdant quelquefois dans la généalogie familiale.
C’est un roman, c’est un parcours autobiographique, c’est une quête personnelle. C’est souvent un chemin douloureux et empreint de chagrin.
Par Micmac
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Samedi 10 novembre 2007
Pagano.jpg "Les adolescents troglodytes" P.O.L. 2007.
" Le tiroir à cheveux". P.O.L. 2005.


jeudi 22 novembre. 20h.
Foyer rural de Macornay.


Dans une langue poétique, sensuelle, parfois brutale, Emmanuelle Pagano évoque ces vies bousculées (par l'adolescence, l'identité sexuelle, le handicap d'un enfant, le poids du regard des autres), ces liens qui se tressent entre les êtres, avec un lieu. Des romans intensément humains.
Par Micmac
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Samedi 10 novembre 2007
"Les adolescents troglodytes"


samedi 24 novembre. 16h30
Médiathèque départementale du Jura
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Pagano.jpg









Le plateau, la neige, la route. L’histoire de la neige, de la route qui mènent les gosses à l’école. Le récit se déroule sur six mois, à partir du jour de la rentrée jusqu’en février, dans un pays d’altitude, un pays rude et magnifique. Les gens vivent dans des fermes isolées.
Malgré l’éloignement des habitations, la rumeur, la parole courent, balayent le pays. Tout le monde sait toujours tout.

Il y a la ferme du fond, engloutie sous les eaux du lac artificiel, le fils de cette ferme qui revient, il est cordiste, il travaille au chantier de la route. La montagne s’écroule sur la route.

Récit à la première personne, par Adèle, le “chauffeur” de la navette scolaire, qui fait le ramassage matin et soir. Elle connait toutes les histoires du pays, des gens du pays, même ceux qui sont morts depuis longtemps. On dirait qu’elle a toujours été là… Pourtant personne ne la connaissait avant, personne ne sait son histoire d’avant.
En février, pris dans une tempête, Adèle et les enfants se réfugient dans une grotte, une ancienne habitation troglodyte pour y passer la nuit et attendre que la route soit déneigée.
Un des enfants racontent une historie que la rumeur n’avait pas encore colportée: c’est l’histoire d’Adèle.
Les histoires des uns et des autres se recoupent. Tout se tient.
Le hasard ni le mystère n’existent pas, seulement des entrelacs de vies humaines.
Par Micmac
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Vendredi 9 novembre 2007
Organes” nouvelles. Buchet-Chastel. 2006.

Samedi 24 novembre. 16h30.
Médiathèque départementale. Rue R. Rolland. Lons-le-Saunier.

marie-helene-lafon.jpg













C’est une suite de 12 nouvelles qui se situent en milieu rural, comme on dit aujourd’hui, à la campagne, quoi. A certains indices, on note que ça se passe autour des années 80, quelques fois dans des années plus contemporaines, mais hormis ces indices qui apparaissent eux-mêmes comme anachroniques, entrés là par erreur, on se croirait dans les années 50-60, dans un pays en noir et blanc. Malgré l’intrusion de choses modernes, le temps est resté figé dans une sorte d’après guerre en chaussettes et écharpe en laine, une ambiance d’avant le planning familial.
Chaque récit tourne autour d’un noyau de non-dit, quelque chose d’imprécis, qui ne sera jamais formulé clairement, un interdit ou un secret, ou un tabou. Insaisissable. Ce noyau  mouvant, insaisissable crée le malaise.
Les récits donnent le goût d’un univers clos, dont on ne peut s’échapper. Ça sent le lainage humide et les habits du dimanche. Ça sent l’encens froid et le carrelage mouillé, et la peinture autour des poignées de portes est sale.
Les humains vivent et agissent selon un schéma convenu et convenable, dans un monde marqué de religion, de péché, de conformisme.

Le style est serré, la phrase ciselée, nette, les mots percutants, efficaces. Les ambiances glauques pour la plupart, malsaines. Quant à l’humour, il y en a, et c’est dans le phrasé qu’il s’exprime, sec , précis, et non dans les situations.

Les récits sont souvent dits du point de vue d’un des personnages en situation, quelquefois un enfant. Quelquefois c’est un monologue.
On n’a pas envie de rencontrer les gens de ces histoires. On participe, malgré soi, à cet exercice de voyeurisme dans lequel le personnage entraîne le lecteur, on entend les propos automortifiants, mais on ne veut pas aller plus avant, même si quelques personnages sont plus attachants dans leur naiveté: les jumeaux (?) qui s’occupent des taupes, le jeune garçon amoureux d’Ava, le jeune fils de la boulangère. Quand un personnage éclaire l’histoire d’un éclat de soleil et de lumière, il meurt (Rami qui est tué dans un accident de voiture) ou est écarté  du récit. La lumière (celle de la joie de vivre, de la jeunesse, de l’amour ou de l’ingénuité), si elle apparaît au fond du couloir, n’est pas atteinte!
Par Micmac
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Mardi 6 novembre 2007
"Les fantaisies spéculatives de J.H. le sémite". Ed. Verticales. 2005
"On n'est pas là pour disparaître". Ed. Verticales. 2007.


vendredi 23 novembre. 19h30.
Salle de l'Atelier de l'Exil. Bœuf sur le toit. Lons-le-Saunier.
lecture, rencontre et débat avec l'auteur.
entrée libre et gratuite.

On n’est pas là pour disparaître”  s’inspire de la méthode du terrifiant Mini Mental State. Ce test neuropsychologique rapide utilisé par les médecins pour évaluer les failles de la logique, de la mémoire, du langage des patients vérifie, par une série d’exercices, la capacité à se situer dans le temps et l’espace
“On n’est pas là pour disparaître” est une série d’exercices que s’impose Olivia Rosenthal et auxquels elle invite le lecteur.
L’écriture de ce récit se déploie dans des répétitions approximatives qui tendent vers un sens de plus en plus affiné (« Tout ce qu’on souhaite n’arrive pas », « Tous nos souhaits ne se réalisent pas », « Nos souhaits ne se réalisent pas », elle décrit les soustractions successives de fragments de vie et inverse les temps. Olivia Rosenthal utilise là encore l’ironie, va au bout de la démonstration, entrainant le lecteur dans son labyrinthe.
La fiction s’aiguise encore de ce qui justement n’appartient plus à la fiction. Au point qu’on ne sache jamais de façon certaine à qui appartiennent les voix qui parlent, on y parvient au prix de recoupements attentifs, c’est un livre à lire attentivement si on ne veut pas en perdre le fil.

Par Micmac
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Mardi 6 novembre 2007

“Un sens à la vie”. Seuil. 2007.

vendredi 16 novembre. 19h30.         
Salle de l’Atelier de l’Exil. Bœuf sur le toit. Lons-le-Saunier.
Lecture musicale, rencontre avec l'auteur, débat.
entrée libre et gratuite. D.Bourgon.jpg


Belfort, quartier des Glacis.
Elle est gardienne d’immeuble là-bas, à Belfort, elle voit, elle entend, elle partage, elle raconte. Ce n’est pas un témoignage, c’est un roman, une fiction, mais un roman fait d’expériences vécues, observées, partagées. C’est là-bas, à Belfort, mais le lecteur sait bien vite que c’est ici, juste à côté, peut-être même dans notre immeuble, ou notre quartier. Les récits se juxtaposent et s’entrelacent, s’emboitent, comme les logements de ces immeubles de cités où l’on vit seul dans sa boîte tout en sachant bien ce qu’il se passe à l’étage au dessous, ou chez les voisisns, ces logements qui sauvent et protègent quelquefois du pire, et qui abritent quelquefois le pire.
Et si bêtise, mesquinerie et méchanceté des uns côtoient le rêve et la lumière des autres et portent une certaine application à les démolir, ce n’est pas le propre des cités ni du quartier des Glacis.
Le style est fluide, chaleureux, alerte, haletant parfois. L’ambiance et l’univers pas très joyeux, mais toujours pétillent des étincelles d’espoir et des éclats de rire.

Par Micmac
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